Histoire de Ducati

ducati histoire marque En 1926, la Società Scientifica Radio Brevetti Ducati est fondée à Borgo Panigale dans le nord de Bologne. Ducati naît sous l’impulsion de trois frères : Adriano, Bruno et Marcello Ducati. Comme l’indique son nom d’origine, l’entreprise est active dans les condensateurs et les appareils radio. L’entreprise lance le Raselet en 1940, premier rasoir électrique conçu et manufacturé en Italie. Puis en 1941, la division optique est ajoutée à la structure de l’entreprise avec la fabrication d’une micro-caméra avec lentilles interchangeables et d’un projecteur 16 mm pour les films muets ou sonores. Dans les mêmes années, Ducati produit des jumelles Bimar de vision nocturne sous la licence de Zeiss. La guerre passant par-là, l’usine Ducati, construite en 1935, se retrouve en lambeaux en 1944. Après la Guerre et dès la reconstruction du site terminé, l’entreprise se retrouvera dans une profonde crise et passera sous le contrôle de l’état. Les frères Ducati réussiront à garder leur rôle de conseiller. Les activités sont complètement reconverties pour la production d’un micromoteur auxiliaire pour bicyclettes – et c’est ainsi que Ducati entre dans le monde de la moto! Le modèle définitif du Cucciolo est présenté en 1945. Ce n’est en fait qu’un moteur qu’on peut monter sur un vélo pour en faire un vélomoteur de 49 cm³. La particularité de ce petit monocylindre est d’avoir des soupapes à têtes tirées et non pas poussées. C’est un moteur 4 temps qui consomme très peu d’essence – on peut faire jusqu’à 100 km avec un seul litre! Le moteur rencontre un franc succès et se voit très vite doté de son propre cadre. Pour le lancement de ce modèle, la chanson Ti Porterò sul Cucciolo (Je t’emmènerai sur le Cucciolo) a été produite. Ces premiers modèles permettent à Ducati de s’affirmer comme véritable marque automobile. En effet, à cette époque, pour s’imposer sur le marché, il fallait remporter des courses et établir des records, et le Cucciolo remporte plusieurs épreuves dans sa catégorie et établit plusieurs records de durée et de vitesse – entre autres, celui du kilomètre lancé à 77,753 km. Il fut produit jusqu’en 1958 avec sa dernière évolution, le M55, puis le nom fut repris en 1998 par Cagiva, qui était alors devenu propriétaire de la marque Ducati, pour son petit Scooter. En 1952, Ducati lance le modèle Cruiser, un scooter doté d’un moteur 4 temps de 175 cm3 avec transmission automatique et démarrage électrique, des clignotants et une roue de secours. Il faisait 30 km avec un litre d’essence. Ce scooter se démarquait nettement de ce qui se faisait à l’époque (des moteurs deux temps alimentés avec un mélange d’essence et d’huile) et assurait un impact environnemental réduit, mais dans les années 50, ces caractéristiques n’étaient pas reconnues – on pourrait dire qu’il était 45 ans en avance sur son temps! Ce scooter a de la difficulté à s’affirmer à l’époque, surtout à cause de son prix élevé. En 1953, l’entreprise se divise en deux: Ducati Meccanica SpA et Ducati Elettronica. Et c’est en 1954 qu’arrive Fabio Taglioni (Dottor T), qui va véritablement lancer Ducati. C’est lui qui apporte la distribution desmodromique et la disposition particulière des cylindres sur le moteur en L, qui sont des caractéristiques identitaires de Ducati – avec le moteur bicylindre (qui est apparu plus tard dans les années 70), et le cadre treillis tubulaire (présent dès les premiers modèles). Taglioni vise la performance et s’oriente clairement vers la course. Son premier mandat était que Ducati s’impose au Motogiro d’Italie, car seul ce résultat pouvait permettre à l’entreprise de survivre (l’entreprise ne pouvait payer qu’un mois de salaire à Taglioni). Taglioni avait alors introduit la distribution commandée par un arbre à couples coniques sur le 100 Gran Sport (Marianna), et la moto gagna la compétition. Sans introduire d’autres nouveautés techniques, le monocylindre ne permettait pas d’obtenir une augmentation de puissance (17 cv), mais il permettait d’augmenter sensiblement la gamme d’utilisation. Les possibilités de sprint s’étendaient jusqu’à 14 000 tours au lieu des 12 500 tours standards à cette époque. Le système desmodromique devient alors la marque de fabrique. Durant les premières années, le Desmo avec son arbre unique ACT est utilisé en compétition seulement. Mais cette architecture reste indisponible au grand public jusqu’en 1967. Cette année-là, la marque adapte ce système à sa gamme tout public. Ducati produit une 350 cc et une 450 cc avec ce système durant toute la décennie 70. Mais c’est en compétition que tout se passe, car c’est à ce niveau que s’ouvre la vitrine pour les ventes. Ducati augmente en cylindrée. Les besoins sont là et il faut des 750 cc pour courir. Une machine qui remporte le Tourist Trophy avec Mike Hailwood et les 200 Miglia d’Imola avec Spaggiari. C’est de ce modèle que la 750S et la Super Sport dérivent. Malgré tous les succès, l’aspect financier ne suit pas nécessairement. Les soucis budgétaires amènent au rachat du groupe en 1983 par Cagiva et les frères Castiglioni, qui possèdent aussi MV Agusta. Il ne s’agit pas d’un simple passage de main, mais d’un programme articulé qui prévoit la relance de la marque Ducati et l’agrandissement de la gamme. C’est sous le contrôle des frères Castiglioni que Ducati s’impose encore plus dans le secteur des motos sportives et des compétitions et entrera de plein pied dans l’ère Superbike. En 1996, Cagiva revend la firme au Texas Pacific Group, un fonds d’investissement américain. Puis en 2012, c’est Audi, via sa filiale Lamborghini, qui rachète la firme de Bologne, Audi étant elle-même propriété du groupe VW.

Des modèles emblématiques

Ducati peut se targuer d’avoir quelques modèles emblématiques à son catalogue. La Scrambler, considérée l’ancêtre de tous les enduros, a contribué de façon importante à la marque Ducati dès 1968. La Mostro, qui deviendra Monster, conçue par le designer Miguel Galuzzi en 1992, permet à Ducati d’être à nouveau en avance sur son temps. M. Galuzzi réinvente la moto classique avec les éléments les plus simples, un naked bike (moto nue), et chaque détail en vue (cadre en treillis, moteur) fait partie du style. La Monster permet une grande liberté de personnalisation. C’est la Monstermania qui explose en 1993! Puis en 1994, c’est la 916 conçue par Massimo Tamburini et Sergio Robbiano qui devient le petit bijou à avoir dans son garage. Esthétiquement, elle tranche énormément d’avec la 888, sa devancière, par son look plus harmonieux et agressif. Dans le milieu des années 90, Ducati prend la décision de se lancer dans le secteur de la moto de voyage, d’abord avec les « sport touring », la ST2 en 1997, puis la ST4 en 1998 et la ST3 en 2006. Le but était de produire une moto sport avec un carénage plus haut et plus large et une position assise moins extrême que les motos sports classiques, et équipée de sacoches, afin de voyager à plus grande vitesse – le pot d’échappement étant plus relevé. Pour sa part, la Multistrada arrive en 2003. L’idée était de réaliser un modèle adapté à tous les types de parcours sans entrer dans le filon des maxienduros. Son style a été complètement revu en 2010 pour lui donner l’esthétique qu’on lui connaît aujourd’hui. Les années 2000 ont également vu l’apparition de plusieurs modèles: l’hypermotard en 2007, la Streetfighter en 2008 (titre de la plus belle moto au Salon de Milan en 2008), puis la Diavel et la Panigale en 2011.

Sources:
  • Pierre Collignon
  • Boni, V. (s. d.). Ducati. Elcy Editions.
  • Ducati Motor Holding S.p.A
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